Lien entre contraception orale et troubles intestinaux

Cet article passe en revue les données actuelles sur le lien entre l’utilisation d’hormones exogènes (pilule contraceptive, traitement de la ménopause…) et le risque de maladies inflammatoires de l’intestin. Les deux maladies les plus étudiées étant la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Pour accéder à l’article (en anglais) c’est par : ici.

Quelques précisions pour comprendre l’article :
– La testostérone est une hormone que l’on connaît beaucoup chez les hommes mais les femmes en produisent aussi et elle a notamment un rôle pour limiter l’inflammation. Pour en savoir plus sur les hormones : clique ici.
– Une prédisposition génétique est une configuration des gènes d’une personne qui la rend vulnérable à un problème de santé.

Information 1

Ces maladies sont des inflammations chroniques de notre tube digestif (c’est à dire quelles restent présentes sur le long terme). Elles ont un point commun : la barrière entre l’intérieur de notre intestin et notre sang est abîmée alors qu’elle est normalement protégée par notre système immunitaire.

Information 2

Il n’y a que dans 25 % des cas que ces maladies sont provoquées par des causes génétiques. Les 75 % autres sont liées à l’environnement (alimentation, tabagisme, stress, pollution, ingestion de médicaments, d’alcool…). Par exemple, les personnes qui arrivent de pays moins développés dans des pays développés « attrapent » plus ces maladies que quand ils sont dans leur pays d’origine, preuve que l’environnement et le mode de vie ont un rôle important dans l’arrivée de ces maladies.

Information 3 

En 1960, pour la première fois, des chercheurs ont pensé que les contraceptifs oraux (la pilule) pouvaient être en cause dans les maladies inflammatoires de l’intestin.

En 1984, une équipe a montré que des femmes (de même âge) prenant la pilule avaient plus de problèmes d’inflammation des intestins que celles qui ne la prenaient pas. Et certaines de ces femmes ont vu leurs intestins « aller mieux » à l’arrêt de la contraception.

En 2008, une étude a montré que les personnes qui utilisent la pilule ont 2 fois plus de risques de développer une maladie de Crohn. Ce risque semble augmenter avec une durée d’utilisation plus longue de la pilule et diminuer après l’arrêt. Mais pour les autres maladies intestinales le tabagisme, par exemple, semble plus impliqué que la pilule. En revanche ce serait l’inverse pour le traitement hormonal de la ménopause qui provoquerait plus de colites ulcéreuses que de maladie de Crohn.

Information 4

Les mécanismes biologiques expliquant le lien entre les maladies intestinales et la prise orale d’hormones restent peu connus. Les chercheurs ont néanmoins quelques pistes :

Information 5

Il y a des différences importantes sur les problèmes engendrés par la pilule et par les hormones de traitement de ménopause bien que les deux soient des traitements hormonaux car : les dosages des médicaments en hormones sont différents de ceux des pilules contraceptives et l’effet des hormones de synthèse sur notre corps peut être différent selon l’âge de la femme ou sont état hormonal.

Résumons :

Les contraceptifs oraux peuvent être des facteurs de risques pour les maladies inflammatoires de l’intestin, mais les études ne sont pas assez poussées, les mécanismes sont peu et mal connus et les effets très différents d’une maladie intestinale à une autre. Il est donc difficile de recommander une éviction de la pilule. Cela reste un choix personnel pris après une discussion avec un professionnel compétent. Rappelons toutes fois que pour une femme qui ne souhaite pas avoir d’enfants, la protection la moins invasive et étant la moins controversée reste l’usage des préservatifs. Les futures études sur le sujet devraient se concentrer sur la compréhension des mécanismes entre les hormones de synthèse, leurs impactes sur les hormones produites par notre corps, les risques génétiques et l’altération du microbiote intestinal.